Mardi 10 avril 2018

9h30 à 11h00 – Les pères grecs et l’avenir (cycle 9-6) : Bertrand Vergely

11h30 à 13h00 – Comment penser la justice dans un monde globalisé ? (cycle 11-6) : Olivier Dhilly

14h15 à 15h45 – Sortir de soi (cycle 13-6) : Charles Pépin

puis dédicace de son dernier livre La confiance en soi, une philosophie, éd.Allary

16h00 à 17h30 – Le paradoxe de la virilité (cycle 16-6) : Olivia Gazalé

Conférence exceptionnelle de Nancy Huston- demain 11h30

Jeudi 5 avril à 11h30, les Matinées de la Littérature recevront Nancy Huston pour une conférence exceptionnelle : Roman et espoir

Lieu : Cinéma Étoile Saint-Germain

Tarif préférentiel pour les abonnés des Mardis de la Philo 15€

N Huston

Mardi 3 avril – programme modifié

Si les grèves vous empêchent d’être présent mardi, assistez en direct à la conférence de Jean-Joseph Boillot sur l’Afrique- cycle 10-6 – dès 9h30, en cliquant ici.

à 11h30, Raphaël Enthoven vient nous présenter son dernier livre Capture d_écran 2018-03-31 à 19.44.45

à 12h15, Jean François Colosimo vient nous présenter son dernier livreCapture d’écran 2018-03-31 à 19.45.39.png

Vente des ouvrages sur place par la librairie L’Écume des pages

à 14h15 : cycle 14 Les (més)aventures de la vérité. Michel Eltchaninoff – Que signifie dire la vérité?

à 16h00 : cycle 15 Philosophie de la physique, Marc Lachièze-Rey, Temporalité : du temps à l’espace temps

 

 

Mardi 3 avril 2018

9h30 à 11h00 – L’homme sur la terre (cycle 10-6) : l’Afrique – Jean-Joseph Boillot

11h30 à 12h15 – Raphaël Enthoven présente son dernier livre : Morales provisoires

12h15 à 13h : Jean-François Colosimo présente son dernier livre : Aveuglements

14h15 à 15h45 – Les (més)aventures de la vérité (cycle 14-6) : Michel Eltchaninoff

16h00 à 17h30 – Philosophie de la physique (cycle 15-6) : Marc Lachièze-Rey

Mardi 27 mars 2018

9h30 à 11h00 – Les pères grecs et l’avenir (cycle 9-5) : Bertrand Vergely

11h30 à 13h00 – Comment penser la justice dans un monde globalisé ? (cycle 11-5) : Olivier Dhilly

14h15 à 15h45 – Sortir de soi (cycle 13-5) : Charles Pépin

16h00 à 17h30 – Philosophie de la physique (cycle 15-5) : Marc Lachièze-Rey

Mardi 20 mars 2018

9h30 à 11h00 – L’homme sur la terre (cycle 10-5) : planète urbanisée – Thierry Paquot

11h30 à 13h00 – Les grands témoins d’un monde en mutation (cycle 12-6) : Les âges de la vie – Pierre-Henri Tavoillot

14h15 à 15h45 – Les (més)aventures de la vérité (cycle 14-5) : Michel Eltchaninoff

16h00 à 17h30 – Le paradoxe de la virilité (cycle 16-5) : Olivia Gazalé

Mardi 13 mars 2018

9h30 à 11h00 – Les pères grecs et l’avenir (cycle 9-4) : Bertrand Vergely

11h30 à 13h00 – Comment penser la justice dans un monde globalisé ? (cycle 11-4) : Olivier Dhilly

14h15 à 15h45 – Sortir de soi (cycle 13-4) : Charles Pépin

16h00 à 17h30 – Philosophie de la physique (cycle 15-4) : Marc Lachièze-Rey

Mardi 6 mars 2018

Attention, les conférences du 6 mars ont lieu au cinéma l’Arlequin 

 horaires modifiés.

9h30 à 11h00 – L’homme sur la terre (cycle 10-4) : L’anthropocène – Michel Puech

11h00 à 11h30 – Pause café et vente des livres d’Étienne Klein et Alain Finkielkraut

11h30 à 12h00 – Étienne Klein présente son dernier ouvrage Matière à contredire

12h00 à 13h00 – Les grands témoins d’un monde en mutation (cycle 12-5) :

Alain Finkielkraut

14h15 à 15h45 – Les (més)aventures de la vérité (cycle 14-4) : Michel Eltchaninoff

16h00 à 17h30 – Le paradoxe de la virilité (cycle 16-4) : Olivia Gazalé

Matinée exceptionnelle, le 6 mars

Le programme du 6 mars est légèrement modifié puisque nous sommes particulièrement heureux d’accueillir Étienne Klein et Alain Finkielkraut.

  • 11h30 : Etienne Klein vient nous parler de son dernier livre :

 

  • 12h00 : Alain Finkielkraut intervient dans le cadre du cycle Les grands témoins d’un monde en mutation et vient nous dire ce que lui inspire l’avenir Capture d_écran 2018-02-26 à 15.29.13
  • Toutes les conférences auront lieu au cinéma l’ARLEQUIN, 76 rue de Rennes 6e Notre partenaire L’Écume des pages vendra sur place les livres des deux auteurs

Mardi 13 février 2018

9h30 à 11h00 – Les pères grecs et l’avenir (cycle 9-3) : Bertrand Vergely

11h30 à 13h00 – Comment penser la justice dans un monde globalisé ? (cycle 11-3) : Olivier Dhilly

14h15 à 15h45 – Sortir de soi (cycle 13-3) : Monique Castillo

16h00 à 17h30 – Philosophie de la physique (cycle 15-3) : Marc Lachièze-Rey

Dédicaces – mardi 6 février 2018 – 11h

Nous aurons le plaisir d’accueillir, demain, Michel Foucher et Pierre-Henri Tavoillot qui dédicaceront leurs derniers livres, vendus sur place par l’Écume des pages, lors de la pause café entre 11h et 11h30

Mardi 6 février 2018

9h30 à 11h00 – L’homme sur la terre (cycle 10-2) : Les frontières – Michel Foucher

11h à 11h30 – Vente des ouvrages de Michel Foucher et Pierre-Henri Tavoillot  par l’Écume des pages, dédicace par les auteurs

11h30 à 13h00 – Les grands témoins d’un monde en mutation (cycle 12-4) : Qui est le peuple en démocratie ?  Pierre-Henri Tavoillot

14h15 à 15h45 – Les (més)aventures de la vérité (cycle 14-3) : Michel Eltchaninoff

16h00 à 17h30 – Le paradoxe de la virilité (cycle 16-3) : Olivia Gazalé

Mardi 30 janvier 2018

Attention, les conférences du 30 janvier ont lieu au cinéma l’Arlequin

9h30 à 11h00 – Les pères grecs et l’avenir (cycle 9-2) : Bertrand Vergely

11h30 à 13h00 – Comment penser la justice dans un monde globalisé ? (cycle 11-2) : Olivier Dhilly

14h15 à 15h45 – Sortir de soi (cycle 13-2) : Monique Castillo

16h00 à 17h30 – Philosophie de la physique (cycle 15-2) : Marc Lachièze-Rey

André Comte-Sponville demain à 11h30

André Comte-Sponville donnera demain une conférence exceptionnelle dans le cadre du cycle « Les grands témoins d’un monde en mutation » :

Mondialisation et civilisations

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La librairie L’Écume des pages proposera une sélection des ouvrages d’A.Comte-Sponville entre 11h et 11h30

Actualité d’Olivia Gazalé

Olivia Gazalé sera en direct :

Ce soir à 18h30 sur TV5 Monde dans le journal 64 minutes, rubrique Terriennes

Demain à 20h20 sur Canal +, l’info du vrai avec Yves Calvi

olivia-gazale-philosophies.tv

Mardi 23 janvier 2018

Attention, les conférences du 23 janvier ont lieu au cinéma l’Arlequin

9h30 à 11h00 – L’homme sur la terre (cycle 10-3) : Les migrations- Catherine de Wenden

11h30 à 13h00 – Les grands témoins d’un monde en mutation (cycle 12-3) :  Mondialisation et civilisations, André Comte-Sponville

14h15 à 15h45 – Les (més)aventures de la vérité (cycle 14-2) : Michel Eltchaninoff

16h00 à 17h30 – Le paradoxe de la virilité (cycle 16-2) : Olivia Gazalé

André Comte-Sponville – 23 janvier à 11h30

André Comte-Sponville interviendra mardi prochain à 11h30 dans le cadre du cycle Les grands témoins d’un monde en mutation. Sa conférence portera sur :

Mondialisation et civilisations

Le « conflit des civilisations », réel ou prétendu, pose 2 questions de fond, politiquement très incorrectes mais philosophiquement décisives : « Toutes les civilisations se valent-elles ? » ; Que reste-t-il de l’Occident chrétien quand il n’est plus chrétien ?

 

 

À noter pour les 23, 30 janvier et 6 février

Attention, les mardis 23 et 30 janvier toutes les conférences auront lieu au cinéma l’Arlequin, 76 rue de Rennes Paris 6ème.

Le 23 janvier à 9h30, c’est Catherine Wihtol de Wenden qui interviendra sur la question des migrations.

La conférence de Michel Foucher, sur les frontières, aura lieu le 6 février à 9h30.

Le 23 janvier et le 6 février, la librairie L’Écume des pages sera présente entre 11h et 11h30 afin de vous proposer une sélection d’ouvrages de Catherine Wihtol de Wenden et Michel Foucher, mais aussi d’André Comte-Sponville et Pierre-Henri Tavoillot.

 

Mardi 16 janvier 2018

9h30 à 11h00 – Les pères grecs et l’avenir (cycle 9-1) : Bertrand Vergely

11h30 à 13h00 – Comment penser la justice dans un monde globalisé ? (cycle 11-1) : Olivier Dhilly

14h15 à 15h45 – Sortir de soi (cycle 13-1) : Monique Castillo

16h00 à 17h30 – Philosophie de la physique (cycle 15-1) : Marc Lachièze-Rey

Philosophie de la physique – dès le 16 janvier 16h

Par Marc Lachièze-Rey lachieze-rey

« De la science sans épistémologie – pour autant que  cela puisse être envisagé -c’est du primitif et du confus », a écrit Einstein. De fait, toutes les branches de la physique sont imprégnées de métaphysique et d’épistémologie. Chaque discipline, chaque concept, soulève des questions de portée philosophique.

16 janvier 2018 : Les dessous métaphysiques du monde :

Y a t-il une philosophie de la physique ?  Les réalités du monde : Lois, théories et modèles.  La déraisonnable efficacité des mathématiques en physique

30 janvier 2018 : Le vide et l’espace

L’éther d’Aristote, le vide de Pascal et l’espace de Newton.  Les avatars du vide. Ressentons-nous l’influence du vide ?  Espace absolu ou relatif ?

13 février 2018 : Matière et lumière

Continuité ou discontinuité, ondes ou particules ?  Masse visible et masse cachée.  La vitesse de la lumière. L’invention des photons

13 mars 2018 : Une philosophie pour la physique quantique ?

Einstein et Bohr : peut-on connaitre la réalité du monde  ?  Peut on localiser la matière et les rayonnements ? Le monde est-il déterminé ?

27 mars 2018 : Le fini et l’infini, Cosmos et Univers

Aristote et le cosmos fini. De la puissance de Dieu à la plénitude du Monde.  Petits et grands infinis, nouvelles géométries.  Que nous disent les modèles de big bang ?

10 avril 2018 : Temporalités : du temps à l’espace-temps.

Galilée et Newton : l’invention du temps physique.  Les flèches du temps. Causalité et déterminisme.  Nous vivons tous dans l’espace-temps.

Sortir de soi – dès le 16 janvier 14h15

Par Charles Pépin et Monique Castillo Monique-CastilloPepin

« …. Je revendique de n’être pas seulement moi 

16 janvier 2018 :  Les douleurs du désir (Monique Castillo)

En-deçà de soi.  Le tourment intérieur des conflits, de la culpabilité et des frustrations.  Les mythologies fondatrices de nos destins

30 janvier 2018 (à l’Arlequin) : Que veut la vie en moi ? (Monique Castillo)

Un élan vital recréé par sa continuelle reviviscence.  Dans le mystère de symboles, la vie devient culture.  La plénitude de l’exister : s’interpréter

13 février 2018 :  Les forces de l’esprit, c’est nous-mêmes (Monique Castillo)

Au-delà de soi.  Ce qui est autocréation est esprit.  Dans le fini se signifie l’infini

13 mars 2018 :  Le sujet comme être relationnel : l’intersubjectivité (Charles Pépin)

Sortir de soi dans la relation.  De l’autre hors de moi à l’autre en moi.  L’invention de soi dans la relation

27 mars 2018 :  Une philosophie du sujet (Charles Pépin)

Le sujet autonome – Kant.  Le sujet en quête de son objet – Hegel.  Le sujet comme désir – Lacan

10 avril 2018 :  S’éclater ? (Charles Pépin)

L’éclatement du moi dans l’expérience esthétique.  Le trouble amoureux.  L’expérience mystique

Comment penser la justice dans un monde globalisé ? dès le 16 janvier 11h30

Par Olivier Dhilly Philosophie: Mal

Si la justice a été abordée essentiellement jusqu’au 20ème siècle à travers la question du meilleur régime politique et de la souveraineté, la mondialisation contemporaine a fait émerger à nouveaux frais la question des inégalités. Comment désormais penser une théorie de la justice ? Comment penser son application face aux obstacles et défis qu’elle rencontre ?

16 janvier 2018 : Le nouveau problème des inégalités :

Du meilleur régime à la théorie de la justice. Si la démocratie reconnaît l’égale liberté et dignité de chacun, comme éviter que les inégalités ne menacent le contrat social ? 

30 janvier 2018 (Arlequin) : Rawls et la naissance des théories de la justice

La théorie de la justice de John Rawls : troisième voie entre communisme et démocratie libérale. Un consensus réfléchi entre égalité libérale des droits et égalité communiste des situations. 

13 février 2018 : Le débat entre libéraux, communautariens et libertariens

Pour ou contre Rawls ? Faut-il préférer un État minimal ou un État moral ?

13 mars 2018 : La question du développement

Quels principes de justice entre les États riches et les États pauvres ? Restaurer un débat éthique dans les sphères économiques et sociales.

 27 mars 2018 : La justice transitionnelle

De l’Afrique du Sud aux Printemps arabes : penser la justice après la violence. Les phases de transition sont-elles révélatrices des valeurs portées ?

10 avril 2018 : Perspectives et problèmes

Comment peut-on penser un dialogue interculturel ? La question de la reconnaissance. Les critères culturels face à la globalisation

Les pères grecs et l’avenir – dès le 16 janvier 9h30

Par Bertrand Vergelyvergely

Étonnante vision des Pères Grecs de la tradition chrétienne. Quand on entreprend de vivre spirituellement, l’intelligence se transfigure et la vie s’ouvre sur des perspectives inimaginables.

 Mardi 9 Janvier 2018 – Le Logos johannique.

Par principe, le Verbe.  De la lumière aux ténèbres.  Résurrection et apocalypse.

Mardi 23 Janvier 2018 – Denys l’Aréopagite.

De la croix à la théologie apophatique. Vie et raison éminente. La hiérarchie angélique.

Mardi 6 Février 2018 – St. Jean Chrysostome.

Connaissance et transcendance.  Connaissance et immanence.  Incarnation et inconnaissable.

Mardi 13 Mars 2018 – St. Grégoire de Nysse.

De l’eschatologie à la force vitale.  Irénée de Lyon et la vocation de l’ Homme.  Jean Scot Érigène et le dynamisme cosmique.

Mardi 27 Mars 2018 – Maxime le Confesseur.

L’ouverture au monde symbolique.  Église et mystagogie.  La liturgie cosmique.

Mardi 10 Avril 2018 – St Grégoire Palamas

Quel humanisme ?  Les énergies incréées.  La vie mystique.

Le Paradoxe de la virilité dès le 9 janvier- 16h

Par Olivia Gazaléolivia-gazale-philosophies.tv

La virilité est-elle en crise ? La virilité est-elle un piège ou un privilège s’interroge Bourdieu ? Analyse d’un concept fascinant qui nous conduit du chasseur préhistorique à l’électeur de Donald Trump, en passant par l’éphèbe grec, le moine médiéval ou le « surhomme » nazi.

  1. La virilisation du monde

Supériorité du principe mâle et partage du cosmos

  1. On ne naît pas viril, on le devient

Devoir de virilité et dressage des corps masculins

  1. Homme / Surhomme / Sous-homme

Grandeur, décadence et dérives du mythe guerrier

  1. Virilité et puissance phallique

Peur du sexe féminin, homophobie et hantise de l’impuissance

  1. Virilité et sublimation

Qui est le plus viril, du moine ou du libertin ?

  1. Un deuil sans fin ?

La nostalgie masculiniste.  Réinventer les masculinités   

Les (més)aventures de la vérité dès le 9 janvier – 14h15

Par Michel EltchaninoffMichel Eltchaninoff

Nous vivons à l’époque des théories du complot et de la « post-vérité ». Dans le même temps, jamais l’injonction d’authenticité et de transparence n’a été aussi forte. Comment comprendre ce brouillage ? En examinant les conceptions philosophiques de la vérité et le lien qu’elles entretiennent avec leurs avatars contemporains.

  1. 9 janvier – Brève histoire de la vérité

De Platon à Derrida, en passant par Thomas d’Aquin et Spinoza, nous verrons que définir la vérité n’est pas si simple.

  1. 23 janvier (à l’Arlequin) – La fin de la fin des idéologies

Comprise par Hannah Arendt comme la « logique d’une idée », l’idéologie est loin d’avoir disparu. Sur quoi reposent son attraction et sa puissance ?

  1. 6 février – Ombres de la transparence, mensonges de l’authenticité

Les idéaux de transparence et d’authenticité sont-ils une exigence éthique ou une injonction totalitaire ?

  1. 6 mars (à l’Arlequin) – La vérité est ailleurs. Épistémologie du complotisme.

La théorie du complot n’est pas née avec internet. Mais le réseau en démultiplie les effets. Quels en sont les mécanismes ?

  1. 20 mars – Vivons-nous en régime de post-vérité ?

Depuis le Brexit et l’élection de Donald Trump, la « post truth politics » est sur toutes les lèvres. S’agit-il d’une nouveauté ?

  1. 3 avril – Que signifie « dire la vérité » ?

A l’époque des médias sociaux et de la remise en question du journalisme traditionnel, cette formule a-t-elle encore un sens ?

Les grands témoins d’un monde en mutation : dès le 9 janvier-11h30

Pour fêter nos 20 ans et rester à l’écoute du monde, nous avons donné carte blanche aux grands penseurs d’aujourd’hui, en leur posant une seule question : que vous inspire l’avenir ?

  • 9 janvier 2018 : Marcel Gauchet

L’Avènement de la démocratie (IV) : Le Nouveau Monde

  • 23 janvier 2018 (Arlequin) : André Comte-Sponville

Mondialisation et civilisations : Le « conflit des civilisations », réel ou prétendu, pose 2 questions de fond, politiquement très incorrectes mais philosophiquement décisives : « Toutes les civilisations se valent-elles ? » ;

Que reste-t-il de l’Occident chrétien quand il n’est plus chrétien ?

  • 6 février 2018 : Pierre-Henri Tavoillot 

Qui est le peuple en démocratie ? 

A.Lincoln définit la démocratie comme le « Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Mais qui est ce peuple ? Comment le diriger alors qu’il faudrait le suivre ?

  • 6 mars 2018 : programme à confirmer, voir site
  • 20 mars 2018 : Pierre-Henri Tavoillot 

Les âges de la vie de l’homme augmenté : L’individu hypermoderne serait-il voué à vivre –du berceau à la tombe- contre son âge ? Ce bouleversement va-t-il être accentué par les innovations technologiques ? Les âges de la vie auront-ils encore un sens à l’âge du transhumanisme ?

L’homme sur le terre : dès le 9 janvier 9h30

Les premiers Homo sapiens seraient apparus sur la terre il y a 200 000 ans. La population mondiale est passée de 1,6 milliards d’individus en 1900 à 7 milliards en 2011. En 2025, 5 milliards d’hommes vivront dans les villes. Les frontières se multiplient, les murs se dressent, les migrations s’amplifient, le climat inquiète, l’écologie est devenue une question centrale. Le XXIème siècle sera-t-il africain ?

  • 9 janvier 2018 : Hervé Le Bras

La démographie : Évolution et perspectives pour le XXIème siècle

  • 23 janvier 2018 : Michel Foucher

Les frontières : Le retour des frontières conduira-t-il à un monde borné ou à des limites ouvertes ?

  • 6 février 2018 : Catherine Wihtol de Wenden

Les migrations : La nouvelle donne migratoire dans le monde

  • 6 mars 2018 : Michel Puech

L’anthropocène : Ecosystèmes et technosystèmes aujourd’hui

  • 20 mars 2018 : Thierry Paquot

Planète urbanisée : Une humanité presque entièrement urbanisée, Mégalopoles, non-campagnes et biorégions urbaines. Comment œuvrer pour l’esprit des villes ?

  • 3 avril 2018 : Jean-Joseph Boillot

L’Afrique :Berceau et avenir de l’humanité ? 40% de la population mondiale sera africaine à la fin du siècle. Dernier continent émergeant, il doit affronter des défis majeurs.

Mardi 9 janvier 2018

9h30 à 11h00 – L’homme sur la terre (cycle 10-1) : La démographie – Hervé Le Bras

11h30 à 13h00 – Les grands témoins d’un monde en mutation (cycle 12-2) : Marcel Gauchet – L’avènement de la démocratie (IV)

14h15 à 15h45 – Les (més)aventures de la vérité (cycle 14-1) : Michel Eltchaninoff

16h00 à 17h30 – Le paradoxe de la virilité (cycle 16-1) : Olivia Gazalé

Mardi 19 décembre 2017

9h30 à 11h00 – Les nouvelles promesses de la science (cycle 2-6) : Jean-Pierre Bibring

11h30 à 13h00 – La décision : philosophie et neurosciences (cycle 4-6) : Charles Girard

14h15 à 15h45 – Aux origines de notre avenir : Voltaire et Rousseau (cycle 6-6) : Roger-Pol Droit

16h00 à 17h30 – La France et l’Allemagne : regards croisé (cycle 7-6) : Heinz Wismann

Mardi 12 décembre 2017

9h30 à 11h00 – La peinture hollandaise au siècle d’or (cycle 1-6) : Jacques Darriulat

11h30 à 13h00 – Pourquoi la musique ?  (cycle 3-6) : Francis Wolff

14h15 à 15h45 – Refonder le projet européen (cycle 5-6) : Monique Castillo

16h00 à 17h30 – La France et l’Allemagne : regards croisés (cycle 7-5) : Heinz Wismann

17h30 à 18h30 – Le temps des philosophes : Heidegger (cycle 8-6) : Jean-Michel Le Lannou

Invitation au Carré Littéraire ce soir

Ce soir à partir de 18h, rencontre avec des écrivains, conférences et découverte de la forêt virtuelle et littéraire de Loïc Djian

18h30 : Jean-Michel Besnier – La littérature pour résister – CNL 53, rue de Verneuil

19h00 : Patrick Dandrey – La conversation des gens d’esprit dans le « noble faubourg » à l’âge classique – CNL 53, rue de Verneuil

20h00 : Charles Pépin – L’émotion esthétique – Galerie 1831, 6 rue de Lille

20h30 : Olivia Gazalé – Le mythe de la virilité – Galerie Chenel, 3 quai Voltaire

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Auteurs_Liste

 

Conférence de JM Le Lannou reportée

Nous vous présentons nos plus sincères excuses pour l’annulation de dernière minute de la conférence de Jean-Michel Le Lannou qui devait avoir lieu hier soir.

Cette conférence, la dernière du cycle sur le temps des philosophes, aura lieu :

mardi prochain, 12 décembre de 17h30 à 18h30

Soirée littéraire – 6 décembre de 18h à 21h30

Les Mardis de la Philo et Les Matinées de la littérature vous invitent à une déambulation littéraire et artistique, mercredi soir à Saint-Germain-des-Prés. Venez rencontrer des écrivains accueillis le temps d’une soirée dans les galeries du Carré Rive Gauche.

Liste des auteurs et galeries participantes, programme des conférences ci-dessous

Mardi 5 décembre 2017

9h30 à 11h00 – Les nouvelles promesses de la science (cycle 2-5) : Lionel Naccache

11h30 à 13h00 – La décision : philosophie et neurosciences (cycle 4-5) : Charles Girard

14h15 à 15h45 – Aux origines de notre avenir : Voltaire et Rousseau (cycle 6-5) : Roger-Pol Droit

16h00 à 17h30 – Le temps des philosophes : Heidegger (cycle 8-6) : Jean-Michel Le Lannou

Invitation au 1er Carré Littéraire

Les Mardis de la Philo sont heureux de vous inviter le 6 décembre prochain, entre 18h et 22h, à une déambulation littéraire dans le périmètre du Carré Rive Gauche, à la rencontre d’auteurs : Lydie Salvayre, Alice Ferney, Laurence Debray, Jean-Philippe Toussaint, Négar Djavadi, Kéthévane Davrichewy, Laurent Binet, Guillaume Poix, François Nelidov, Patrick Boucheron, Ali Zamir, Dominique Dyens, Raphaèle Bernard-Bacot, Alexandra Lapierre, Pauline Prévost-Marcilhacy, Philippe Courroux, Sophie Lemp, Édouard Dor, Aboubakr Chraïbi, Marie-Bénédicte Diethelm, Jean Delabroy, Massimo Nava, Lucile Gubler, Olivier Borst, Charles Pépin, Olivia Gazalé…

CarréLittéraire_Invitation

Mardi 28 novembre 2017

9h30 à 11h00 – La peinture hollandaise au siècle d’or (cycle 1-5) : Jacques Darriulat

11h30 à 13h00 – Pourquoi la musique ?  (cycle 3-5) : Francis Wolff

14h15 à 15h45 – Refonder le projet européen (cycle 5-5) : Monique Castillo

16h00 à 17h30 – Le temps des philosophes (cycle 8-5) : Jean-Michel Le Lannou

Mardi 21 novembre 2017

9h30 à 11h00 – Les nouvelles promesses de la science (cycle 2-4) : Jean-Michel Besnier

11h30 à 13h00 – La décision : philosophie et neurosciences (cycle 4-4) : Stefano Palminteri

14h15 à 15h45 – Aux origines de notre avenir : Voltaire et Rousseau (cycle 6-4) : Roger-Pol Droit

16h00 à 17h30 – La France et l’Allemagne : regards croisé (cycle 7-4) : Heinz Wismann

La décision vue par les neurosciences

Conférence de Stefano Palminteri le 7 novembre 2017 : Irrationalité des individus

MardiPhilo

Attention : la prochaine conférence de Stefano Palminteri aura lieu le 21 novembre au lieu du 5 décembre

Retrouvez Bertrand Perier le 7 novembre 2017

Nous vous invitons à venir nombreux écouter Bertrand Perier présenter son livre et le DVD nés de son expérience Eloquentia à Saint-Denis.

mardi 7 novembre 2017 à 17h30

cover livre

 

17 octobre à 17h15 – Olivia Gazalé

Nous sommes heureux d’accompagner la sortie du dernier livre d’Olivia Gazalé.

Présentation de l’ouvrage et dédicace, en présence d’Antoine Caro, éditeur, et de notre partenaire la librairie L’Écume des Pages
Virilité-O.Gazalé

Librairie L’Écume des pages

Des tables et vitrines thématiques chez notre partenaire, la Librairie l’Écume des Pages, pour accompagner les programmes et auteurs des Mardis de la Philo

La librairie est également présente à l’Hôtel de l’Industrie lors des conférences-dédicaces que nous organisons

Conférences du mardi 26 mars 2019

 


9h30 à 11h – Lacan : écouter la folie (cycle 10-5), par Jacques Darriulat


11h30 à 13h – Être efficace, un enjeu de civilisation (cycle 12-5), par Monique Castillo


14h15 à 15h45 – La mémoire en nous (cycle 14-5), par Charles Pépin


16h à 17h30 – Le grand siècle. De Descartes à Molière (cycle 16-5), par Laurence Devillairs


 

Olivia Gazalé invitée des chemins de la philosophie sur France Culture

Les chemins de la philosophie (vendredi 15 mars à 10h) sur France Culture

La philosophie, cocaïne de la pensée

« On ne vend pas un produit en vendant un livre, ça va bien au-delà… C’est ce que ça va générer comme résonance auprès du lecteur, c’est un produit presque impérissable. Parfois on peut faire une lecture à 15 ans qui va marquer à vie, ou écouter une conférence qui peut transformer votre vie ou décider d’un destin, c’est mon cas, j’ai décidé de devenir philosophe en une heure ,en écoutant un cours de philosophie… Je n’ai pas tout compris mais ce dont j’étais absolument persuadée c’était qu’enfin je n’étais plus seule, que d’autres gens s’étaient posés les mêmes questions, et certaines donnent le vertige. La philosophie m’a donné quelques outils, c’est la métaphore que j’aime utiliser : face à des problématiques philosophiques on est face à l’Everest, il faut grimper vers quelque chose de toujours plus complexe et la philosophie donne des points d’appui, des prises. La philosophie stimule la pensée, c’est la cocaïne de la pensée !    « 
Olivia Gazalé

Conférences du mardi 19 mars 2019

 


9h30 à 11h – Les populismes (cycle 9-5), par Olivier Dhilly


11h30 à 13h – Éthique et écologie (cycle 11-5), par Charles Girard


14h15 à 15h45 – De la physique à la métaphysique (cycle 13-5), par Étienne Klein 


16h à 17h30 – La philosophie au défi de la psychanalyse (cycle 15-5), par Camille Tassel


Hommage à Jean Starobinski

Les siècles de Jean Starobinski (1920-2018)

Par Martin Rueff, Poète et critique, titulaire de la chaire de littérature française du 18ème siècle de l’université de Genève qui fut celle de Jean Starobinski — 8 mars 2019 à 16:55

Martin Rueff retrace l’apport du «plus grand critique littéraire de langue française au XXe siècle», qui avait renouvelé la connaissance du XVIIIe, siècle de la raison et de la joie, de l’émancipation par le gai savoir et les plaisirs partagés.

  • Les siècles de Jean Starobinski (1920-2018)

Tribune. Si elle nous prend toujours de court, la mort de nos doyens, à laquelle leur grand âge semblait nous préparer, nous laisse pourtant incrédules. Après tout, ceux qui approchent la durée d’un siècle, ne les croyons-nous pas un peu immortels (1) ? Et s’il y avait longtemps que nous redoutions d’avoir à dire adieu à Jean Starobinski, nous avions fini, comme baignés de la douceur rieuse de son œil vivant, par nous défaire de la crainte de sa mort. Aussi nous surprend-elle un peu malgré tout.

Il avait atteint l’extrême jeunesse des classiques. Parmi les quatorze définitions qu’il donne du «classique», Italo Calvino, que Starobinski commenta si bien (2), peut dire successivement : «Est classique ce qui tend à reléguer l’actualité au rang de rumeur de fond, sans pour autant éteindre cette rumeur» et «est classique ce qui persiste comme rumeur de fond, là même où l’actualité la plus éloignée règne en maître». A ce titre, Jean Starobinski est deux fois classique. Lui qui avait si longtemps et si constamment participé aux forces supérieures, pour citer la lettre de Marina Tsvetaïeva à Boris Pasternak quand elle apprit la mort de Rilke, il a fini par en devenir une. Comment mesurer aujourd’hui cette force douce et persistante ?

Critique et clinique

Les mots manqueront longtemps pour dire le sens de cette disparition. Avec Jean Starobinski, c’est un siècle de vie littéraire et intellectuelle qui prend fin – et peut-être même la notion de siècle de vie littéraire et intellectuelle. Mieux qu’aucun autre, il pouvait reprendre la formule de Térence dont D’Alembert et Voltaire avaient fait la devise des Lumières : «Homo sum et humani nihil a me alienum puto», «je suis homme et je considère qu’il n’est rien d’humain qui me soit étranger». Convergent ici un savoir de l’homme et un savoir pour l’homme. Starobinski fit sienne cette conviction que le savoir émancipe. Et, comme les grands génies du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle, il savait tout.

L’enfance confinée à Genève, l’élève surdoué, l’homme aux trois carrières – le musicien précoce, le médecin, l’écrivain critique : la légende de Jean Starobinski a retenu ce parcours d’exception. Critique et clinique : Jean Starobinski fut médecin (il exerça la psychiatrie) et écrivain critique. De Diderot, il disait qu’il se serait fait un ami, mais qu’il aurait aimé avoir Rousseau comme patient. La critique thématique, l’histoire des idées, la critique stylistique, le séjour à Baltimore qui les conjoint : ces épisodes relèvent d’une histoire intellectuelle faite de rencontres et d’influences. Elle reste en partie à écrire. La correspondance de Jean Starobinski permettra de mesurer ces échanges avec les plus grands philosophes (Merleau-Ponty, Weil mais aussi Canguilhem et Foucault), les plus grands écrivains de son siècle (Camus, Char, Bonnefoy, mais aussi Calvino), les plus grands critiques enfin (ceux de l’école de Genève, Raymond, Rousset mais aussi Genette, Contini ou Barthes).

Son œuvre considérable compte une trentaine de livres et plus de 800 articles. Il avait le génie des titres. Il a renouvelé la connaissance de Rousseau (la Transparence et l’obstacle, 1957, est un classique de la littérature du XXe siècle), changé notre regard sur le XVIIIe siècle (avec l’Invention de la liberté, 1964 ; 1789. Les emblèmes de la Raison, 1973 ; le Remède dans le mal. Critique et légitimation de l’artifice à l’âge des Lumières, 1989). Il a offert nombre d’études décisives sur des grands auteurs : Montaigne (Montaigne en mouvement, 1982), Baudelaire (la Mélancolie au miroir, 1990), Diderot (Diderot, un diable de ramage, 2012). On lui doit des contributions décisives sur l’histoire de la médecine (l’Encre de la mélancolie, 2012 et le Corps et ses raisons, à paraître en 2020). Mais il a aussi doté quiconque se voue à la critique d’études précieuses aussi fines que rigoureuses – des bréviaires que chérissent les étudiants de sciences humaines (la Relation critique, 1970 et 2000). Ses écrits sur les arts ont été réunis récemment dans la Beauté du monde, la littérature et les arts (2016).

Jouir des œuvres

Jean Starobinski fut et resta critique. Critique littéraire. Beaucoup avant lui avaient aimé dire leur amour pour la littérature et beaucoup ont continué à le faire après lui, mais peu le firent aussi résolument, aussi délibérément, et, il faut le dire, aussi innocemment – si par innocence on veut dire que jamais Jean Starobinski ne douta de l’importance de la littérature et de l’importance corrélative du geste qui consistait à dire cette importance. Non que Jean Starobinski n’ait aiguisé, au fil du temps et des méthodes, sa «relation critique» qu’il a su décrire avec soin et force et générosité. Mais cette lecture professionnelle ne valut jamais pour elle-même, ni pour établir un système où brillerait la virtuosité combinatoire de taxinomies et de nomenclatures abstraites : elle sut se mettre au service des œuvres à la défense desquelles il resta attaché. Structuralisme, thématisme, stylistique furent conviés à la table du critique qui choisit ce qui permettait de servir les œuvres.

Le lecteur s’impatiente : mais qu’est-ce que la critique et, de surcroît, la critique littéraire ? Il faut lui répondre. L’exercice de la critique naît d’une conviction : l’intelligibilité et sensibilité ne sont pas incompatibles. Il y a une intelligence du sensible (du sens se trouve investi dans les formes) et une sensibilité de l’intelligence (on pense aux délicates architectures de Bach ou de Mallarmé) et elles sont interdépendantes. L’amateur éclairé jouit mieux de comprendre. Il jouit mieux et il sait mieux pourquoi il jouit. Il ne faudrait pas avoir à dire que la critique n’est pas un intellectualisme, encore moins un snobisme – c’est le discours de l’homme éclairé éclairant – car celle-ci rend les conditions de la jouissance esthétique proprement démocratiques. Son geste est de partage. C’est le critique qui m’explique ma jouissance esthétique. Il la situe, la fait comprendre, la restitue et quand il la situe, qu’il la fait comprendre et qu’il la restitue, il la redouble, lui offre sa nouvelle profondeur. Entourés de livres qui nous disent comment mieux vivre, comment être soi, comment sauver notre couple ou parler avec notre chien en mangeant de l’ananas, ne négligeons pas les livres qui nous disent combien jouir des œuvres des hommes – des petits monuments par lesquels ils ont voulu signifier leur passage sur terre. Car ces signes, fussent-ils des riens au regard de la très longue histoire du monde, ne sont pas rien. La fonction sociale des critiques devrait s’en trouver évidente – en pratiquant un art de l’empathie et de la distance, ils nous rendent d’un coup plus intelligents et plus sensibles, plus critiques aussi. Ceux qui leur refusent ces prérogatives devront dire un jour les motivations politiques qui les animent. Car si on reproche à des passionnés de rendre les gens plus intelligents et plus sensibles, n’est-ce pas parce qu’on préférerait qu’ils soient moins intelligents et moins sensibles ? Il faudra un jour qu’on nous explique ce qui se cache derrière cette haine de la critique.

Parce qu’il a maintenu tout au long de sa longue activité la triple exigence de relier l’intelligible et le sensible, d’attester du passage des œuvres et de les soumettre au jugement de sa compétence critique, attentif au passé parce qu’inquiet du présent et soucieux du futur, Jean Starobinski aura été le plus grand critique littéraire de langue française au XXe siècle.

L’urgence du poème

Empathie et distance ? C’est le geste du critique, mais aussi le sens de la critique au sens que dégagèrent les Lumières. Car si le XVIIIe siècle fut bien «le siècle de la critique», cela tient sans nul doute à cette alliance nouvelle que les Lumières ont scellée, dans leur combat pour la tolérance et pour une humanité plus libre : l’alliance d’un scepticisme théorique et d’une sympathie morale. Au XVIIIe siècle, se rapporter aux faits humains et tenter de les comprendre, c’est d’abord les interpréter depuis un double mouvement : critique et empathique. Cette participation distanciée, cette alliance de distance et d’appartenance, fournit le modèle de toute compréhension selon Jean Starobinski. Il y eut plusieurs XVIIIe siècles et sans doute notre XXIe siècle n’est-il, à force de ne pas savoir les démêler, qu’un de ces XVIIIe siècles mal refermés, peuplé d’oppositions schématiques et de dialectiques paresseuses. Sans doute alors, pour sortir du XVIIIe siècle et entrer dans le XXIe siècle faut-il entendre mieux les questions du XVIIIe siècle sans y chercher mécaniquement des réponses. C’est à cela que Jean Starobinski s’est attelé : «Tout au long du siècle, l’idée de liberté est mise en expérience à la fois dans le caprice abusif et dans la protestation contre les abus […] les hommes des Lumières ont résolu de ne plus obéir à une loi étrangère ; ils veulent être autonomes, majeurs éduqués et civilisés, soumis à une loi qu’ils perçoivent et reconnaissent en eux-mêmes.»

Cet intellectuel éclairé n’associait pas la critique au malheur de la désillusion et au désenchantement. Son XVIIIe siècle est celui de la critique et de la fête, de la raison et de la joie, de l’émancipation par le gai savoir et les plaisirs partagés. Ce n’est pas la dialectique des Lumières que dénoncent Adorno, Horkheimer et Lacan qui associaient hâtivement Kant et Sade. Son XVIIIe siècle est celui de Rousseau («La substance de la fête, son véritable objet, c’est l’ouverture des cœurs»), de Montesquieu («La modération telle que Montesquieu la pratique, n’est pas une vertu de rétrécissement. C’est tout au contraire l’attitude qui rend possible la plus vaste ouverture sur le monde et le plus large accueil»), de Diderot («Diderot ne peut qu’aimer une philosophie qui fait cas de l’objet singulier, du détail inattendu, de l’accident apparemment irrégulier»), de Tiepolo et de Guardi, des ombrages de Watteau et des instants de Fragonard, du génie de Chardin et des portraits de Greuze. C’est aussi celui du style de la volonté, des rêves urbains et de l’utopie, des cauchemars de la raison peints par Goya, des cérémonies mystérieuses et joyeuses de Mozart. D’un de ses XVIIIe siècles, Jean Starobinski sut écrire qu’il voyait dans la poésie et les arts «l’impérieuse domination de la passion». C’est parce qu’on ne saisit pas combien la passion de la langue anime le XVIIIe siècle qu’on s’étonne qu’un spécialiste des Lumières ait été un critique si attentif à la poésie (admirateur de Baudelaire et de Valéry, il fut proche de Jouve, de Bonnefoy et de Jaccottet mais aussi de Michaux et de Deguy). Il sut dire l’urgence du poème face à l’incendie des événements (3). Un XVIIIe siècle ouvert sur les passions, la sensibilité et le poème, qui l’eût cru ? Il y a plusieurs XVIIIe siècles chez Jean Starobinski et c’est pourquoi il faut revenir à lui qui a connu tant de XXe siècles.

(1) Jean Starobinski est né en 1920. Son premier texte critique date de 1942, son dernier de 2016.

(2) «Italo Calvino : l’allègement narratif» [1996], la Beauté du monde, Paris, Gallimard, «Quarto», 2016, p. 987.

(3) «C’est l’honneur de la poésie qu’elle soit la dernière possession de l’homme après qu’on lui a tout arraché, qu’elle soit radicalement liée à cette espérance et à cette angoisse fondamentales qui persistent en l’homme tant que le souffle persiste, et que ses justifications se confondent avec les justifications de toute vie. Ce qui est plus, l’acte poétique, lorsqu’il ouvre sur une aventure et un risque pléniers, aura le pouvoir de restituer l’homme à son destin, – à un destin où, à vrai dire, rien n’est apaisé, rien n’est pour lui résolu d’avance, mais où il éprouvera du moins comme une responsabilité et comme une sommation le seul fait de sa présence en face de l’incendie et de l’écroulement.» Ce texte est extrait de la recension de Porche à la nuit des saints de Pierre Jean Jouve, in Suisse contemporaine, Lausanne, n° 3, 1942, p. 247-251. Il est repris dans la Poésie et la guerre, 1942-1944, 1999, Genève, Zoé, p. 21-27. C’était le premier texte de Jean Starobinski. Il avait 22 ans.


Derniers ouvrages parus : Foudroyante pitié, (Paris, Mimésis, 2018) et A coups redoublés, anthropologie des passions et doctrine de l’expression chez Jean-Jacques Rousseau (Paris, Mimésis, 2018).Martin Rueff Poète et critique, titulaire de la chaire de littérature française du 18ème siècle de l’université de Genève qui fut celle de Jean Starobinski