Programme 2021-2022

par François Rachline

Le matin de 9h30 à 11h

Dans un ouvrage intitulé Qu’est-ce que la philosophie ? publié en 1991, Gilles Deleuze et Felix Guattari consacrent un chapitre à l’idée de « personnage conceptuel ». Au cœur d’une pensée, celui-ci opère à la fois souterrainement et visiblement. Souterrainement, car aucun théoricien ne réduit sa démarche à l’existence d’une figure qui l’incarnerait ; visiblement, parce que cette apparence facilite l’accès à la logique mise en œuvre. Ce cycle propose de rencontrer certains parmi les plus marquants de ces personnages, entre philosophie et littérature.

par Bertrand Vergely

Le matin de 9h30 à 11h

Le monde est mené par l’émotion que ce soit au niveau métaphysique, cosmique, au niveau politique, au niveau psychologique et esthétique. Comprendre le monde, nous comprendre, c’est comprendre pourquoi. 

par Thierry Paquot

Le matin de 11h30 à 13h

Des amoureux de la nature sont, aux États-Unis, à l’origine de politiques audacieuses de la préservation, ils sont persuadés que la santé des humains dépend de la santé de la Terre et réciproquement…

par Francis Wolff

Le matin de 11h30 à 13h

Ces six séances se proposent d’accompagner la lecture de l’ouvrage de synthèse : Le monde à la première personne, de Francis Wolff (Entretiens avec André Comte-Sponville), parution septembre 2021.

 

par Marcel Gauchet

L’après-midi de 14h15 à 15h45

Et si l’incertitude où s’enfoncent nos sociétés tenait à l’ignorance de ce qu’elles sont ? De l’urgence de comprendre le parcours qui a transformé leurs structures profondes au cours des cinq derniers siècles.

par Étienne Klein

L’après-midi de 14h15 à 15h45

En Occident, c’est l’Antiquité grecque qui donna naissance au concept de vide, qu’elle apparia dans un premier temps au « non-être », au néant. Puis le vide s’émancipa lentement de cet amalgame initial, grâce à la dimensionnalité dont il fut finalement doté : à la différence du néant, le vide ne se conçoit pas sans une certaine extension spatiale. Puis, à partir du XVIIe siècle, cette notion s’est progressivement complexifiée au gré des révolutions de la physique.

par Laurence Devillairs

L’après-midi de 14h15 à 15h45

Voir la philosophie, et pas seulement la penser. A travers 6 tableaux, nous explorerons 6 grandes questions, et les réponses souvent inattendues que les philosophes ont pu apporter.

par Heinz Wismann

L’après-midi de 16h à 17h30

L’Europe n’est pas une réalité naturelle mais une création historique, due aux habitants du minuscule promontoire de l’immense continent asiatique, qui n’ont cessé de réinventer leur identité commune.

par Pierre Descotes

L’après-midi de 16h à 17h15 

Le monde a déjà connu plusieurs fins, qui nous aident à penser les périodes de crises que notre propre époque affronte ou redoute. L’une de ces fins du monde est celle de l’Empire romain – et certaines des plus belles œuvres de la littérature latine nous ont laissé les témoignages de la manière dont les contemporains de cet effondrement inouï l’ont vécu. Une série de portraits et d’œuvres littéraires permet d’illustrer les différentes réponses qu’ont opposées à la fin de leur monde philosophes, poètes et hommes de pouvoir.

par Olivier Dhilly

L’après-midi de 16h00 à 17h15

La notion de souveraineté revient au-devant de la scène à la faveur des crises que nous traversons, face à la globalisation, face au développement des technologies etc… Tantôt considérée comme synonyme de liberté et d’autonomie face à un monde qui serait devenu lisse, tantôt fustigée comme synonyme de domination et de repli sur soi, elle semble être au cœur des débats politiques contemporains. Mais de quelle souveraineté parlons-nous ? Souveraineté de l’Etat, souveraineté du peuple ? Comment penser la souveraineté au 21ème siècle et quelle valeur lui accorder ?

par Michel Eltchaninoff

Le matin de de 9h30 à 11h

C’est une drôle d’expression, qui désigne le fait aveugle de la vie en général, ou bien une qualité vague de vivacité — quand on dit par exemple de quelqu’un qu’il est très vivant. Mais pourquoi cette double signification ?  Peut-on être à la fois vivant et mort ? En interrogeant les deux termes les plus cruciaux de la philosophie, l’être et la vie, en nous arrêtant chez Hegel, Bergson et Merleau-Ponty, mais aussi des écrivains, nous explorerons le sens de ce mystérieux vocable.

par Pierre-Henri Tavoillot

Le matin de 11h30 à 13h

Certains ont pronostiqué la fin de l’autorité. C’est plutôt son retour qui se dessine. Dans la famille, pour contrer la tyrannie de l’enfant-roi, à l’école, pour renouer avec l’exigence d’instruction, en politique, bien sûr, où l’aspiration à un régime « fort » est plébiscitée, même chez les jeunes. Faut-il s’inquiéter de ce retour en grâce de l’autorité, 50 ans après Mai 68, ou se réjouir de la reconstruction des cadres et des repères après l’âge de la déconstruction ? Est-ce la même autorité ?

par Eric Fiat 

Le matin de 11h30 à 13h

Il peut paraître provoquant, en une époque aussi dure que la nôtre, de reprendre le mot de Montaigne selon lequel « c’est chose tendre que la vie ».
Mais justement : essayer d’attendrir la vie des autres, n’est-ce pas une manière du devoir ? Comme disait Prévert : « Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ».

par Albert Moukheiber

L’après-midi de 14h15 à 15h45

par Charles Pépin

L’après-midi de 14h15 à 15h45

Parce que la rencontre des autres est en même temps une redécouverte de soi et une découverte du monde. Petit voyage parmi les penseurs de l’altérité (Hegel, Martin Buber, Freud, Levinas, Sartre… )

par Myriam Revault d’Allonnes

L’après-midi de 14h15 à 15h45

« La pensée elle-même, écrit Hannah Arendt, naît des événements de l’expérience vécue et doit leur demeurer liée comme aux seuls guides propres à l’orienter ». Penser ce qui arrive, penser ce qui nous arrive : tel est le fil conducteur de son oeuvre. Pensée inclassable, irréductible à des catégories établies, elle nous convoque constamment à l’épreuve de l’événement et au surgissement de l’inédit. Nous tenterons de suivre le va-et-vient entre la méditation philosophique, la théorie politique et les données de l’expérience qui caractérise sa manière de philosopher. Et nous verrons en quoi il nous permet de penser et de repenser notre propre actualité et le monde que nous avons en partage.

par Jean-Michel Le Lannou

L’après-midi de 16h à 17h15

Le règne de la science et de la technologie nous exile de la réalité charnelle. Dans cette artificialisation, maintenant généralisée, les choses nous manquent. Cette absence est-elle cependant inéluctable ? Ne pourrions-nous, en deçà des concepts, retrouver le concret et un rapport authentique aux choses ? Où et par qui nous sont-elles présentées ?

par Jean-Michel Besnier

Le matin de 9h30 à 11h00 et l’après-midi de 14h15 à 15h45

On attend communément du philosophe qu’il mène une existence conforme à sa pensée. On lui reconnaît le plus souvent une vocation à construire une représentation cohérente et communicable du monde, une exigence d’harmonie et de bien-vivre. Cela veut-il dire que nous ne saurions jamais être déçus par un philosophe, ni éviter de le soupçonner d’imposture ? Bergson considérait que toute philosophie est l’expression développée d’une expérience. C’était dire qu’un noyau existentiel demeure au cœur des œuvres philosophiques. Comment ne pas imaginer, en ce sens, que la vie puisse troubler le concept et, pourquoi pas ? Rousseau écrit l’Emile après avoir abandonné ses enfants ; Sartre défend la liberté et soutient le stalinisme, Hegel jeune rêve de révolution et légitime au final l’Etat autoritaire… Nombre d’exemples d’apparentes incohérences entre philosophie et biographie incitent à mener l’enquête. Contre une tradition qui voudrait qu’une œuvre philosophique – comme une œuvre d’art – se suffise à elle-même, on se risquera à engager une biographie du concept et, par là même, à incarner la pensée. Certains philosophes ont livré délibérément des éléments de leur vie, assumant la part irréductible de leur existence au creux de leur pensée. D’autres, au contraire, en sont les victimes pour ainsi dire inconscientes.