Programme 2019-2020


À quelles valeurs attacher son existence ? Qu’est-ce que la morale ? Comment bien mener sa vie ? Au XVIIème siècle, La Fontaine répond déjà à ces questions qui sont les nôtres aujourd’hui, de façon subtile, élégante et bien plus philosophique qu’on ne pourrait le penser.

Nous pensions qu’à la faveur du désenchantement du monde le fanatisme était en voie de disparition. L’émergence de l’islamisme, mais aussi des mouvements radicaux liés à d’autres religions, nous contraint d’y revenir. Si nous voulons le combattre, nous devons le comprendre, avec les outils de la philosophie.

Les monothéismes ne sont pas monolithiques. Contre la tentation fondamentaliste présente dans les différentes traditions religieuses, des voix de femmes, rabbin, pasteur et imam, questionnent les textes et proposent des lectures qui font entendre une parole neuve dans leurs héritages respectifs.

Quels sont les axes de la pensée bouddhiste ? Quelle est leur portée philosophique ? Comment le bouddhisme fut-il découvert par les Européens ? Quelles lectures en firent les penseurs du XIXe et du XXe siècle ? Quels usages pouvons- nous en avoir aujourd’hui ?

 

En partenariat avec la revue Études.

Notre manière de considérer les animaux a changé. La cause animale, pendant longtemps négligée, est devenue un sujet de débat éthique et politique majeur. Entre l’humain et l’animal, les frontières sont désormais de plus en plus poreuses. Y a-t-il encore un « spécifique » humain ? L’humain gagne-t-il en humanité à développer sa relation à l’animal ?

Forgé en Grèce ancienne pour désigner le support matériel d’une alliance, le concept de symbole a été progressivement appliqué à l’ensemble des moyens de reconnaissance qui assurent l’épanouissement de la culture.

Venez sur le chemin de l’amitié en compagnie de deux philosophes et amis qui vous y guideront en six étapes…

Au cœur de l’effondrement de l’Europe, la philosophe Simone Weil écrit : « L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. C’est un des plus difficiles à définir. » Qu’est-ce qui se cache derrière cette métaphore végétale ? La modernité, la mondialisation nous laisseraient sans repères, sans attaches et nous embarqueraient dans un monde qui nous perd. Mais si ce « besoin » est si difficile à définir, n’est-ce pas parce qu’il ouvrirait également la porte à de séduisants dangers nous ancrant dans des sols et des territoires au risque de nous diviser ? Comment dès lors le définir ?

La philosophie est ainsi nommée pour ce qu’elle prétend cultiver la sagesse. Mais de quelle sagesse s’agit-il ? Peut-elle nous aider, non seulement à chercher la vérité, mais plus encore à marcher avec assurance en cette vie ?

Ode à quelques vertus plus joyeuses qu’on eût pensé.

La religion est une réalité collective, historique et organisée. La foi est une sorte de « flamme intérieure ». Comment les philosophes comprennent-ils le lien entre foi et religion dans les temps modernes et contemporains ?

On croit savoir ce qu’est la démocratie — le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », selon la formule de Lincoln —, mais cette évidence masque un insondable mystère. Qu’est-ce que « le peuple » ? Comment le gouverner ? Comment les individus peuvent-ils se soumettre à des règles dont ils sont collectivement la source ? Et comment un gouvernement populaire peut-il prendre des mesures « impopulaires » ? En retrouvant le sens de ces questions, on percevra que la démocratie est moins un acquis qu’un gigantesque chantier en cours.

On dit souvent des sociétés contemporaines qu’elles sont « indivi- dualistes ». L’affaiblissement des structures communautaires tra- ditionnelles (églises, familles, groupes d’engagements politiques) aurait entraîné la montée en puissance inexorable d’un sujet indé- pendant et isolé. Chacun à leur manière, la démocratie et le marché seraient des institutions adéquates à cette évolution : la première garantit l’égalité initiale des droits, le second promeut la concur- rence entre les individus comme mode de régulation sociale. Cer- tains approuvent cet état de fait en raison des droits de l’individu libre de choisir son mode de vie. D’autres le regrettent au nom des ordres anciens où les hommes étaient sans doute moins libres, mais aussi moins seuls.

Mais qui est cet individu que l’on invoque dans les jugements (po- sitifs ou négatifs) sur l’individualisme contemporain ? Un individu en général se définit comme une entité indépendante et insécable : le premier objectif de ce cours sera de montrer à quel moment, et pour quelles raisons, une définition aussi abstraite a été appliquée à l’homme. Pour cela, on s’appuiera sur les ressources de la philo- sophie (qu’est-ce qu’un individu ?), de l’histoire des idées (depuis quand vivons-nous dans des sociétés qui se disent individualistes ?) et de la sociologie (que devient le lien social dans un monde consti- tué d’« atomes » ?).

Pourquoi l’Idéalisme disparaitrait-il ? Le désir de passivité serait-il tellement puissant qu’il nous ferait oublier l’exigence libératrice de la pensée ? Comment restituerons-nous à la pensée sa priorité et son activité ? Comment par là-même nous libérer de la complaisance dans l’impuissance perceptive ? Telles sont les questions directrices de cet idéalisme radical.

Promue en 2011 grande cause nationale en France, la lutte contre la solitude s’est vue en 2018 consacrer un ministère au Royaume-Uni. Si l’on ne se trompe pas sur ce mal que l’on ne trompe que trop, jamais les plaies qu’il cause ne seront assez pansées s’il n’est lui-même bien pensé. Or ne faut-il pas commencer par dé-tromper sa solitude ?

Littérature et Philosophie sont chez Hugo si mêlées que rien ne fera de lui un philosophe, au sens académique du mot. Mais c’est à qui perd gagne. Qui perd le paysage stable de la vérité gagne l’insurrection tumultueuse de la liberté. Hugo en « âne de génie » : Nietzsche, après Baudelaire, ne s’y trompait pas.